Pr. François Xavier Etoa aux tricheurs

Pr. François Xavier Etoa aux tricheurs

Interview exclusif du Pr. François Xavier Etoa sur  tricherie dans les écoles et universités

Professeur, la tricherie fait parler d’elle dans les universités. Quelle est la situation dans l’institution dont vous avez la charge ?
C’est vrai qu’il y a quelques cas majeurs enregistrés, ces derniers temps. Et, la tendance est que certains étudiants veulent aller dans la voie de la facilité. Le culte de l’effort se perd progressivement et notre devoir est justement de les ramener. Pour ce faire, nous faisons agir tout l’arsenal que nous avons dans ce registre. Précisément, nous procédons à des surveillances accrues lors des évaluations, en nous assurant que l’étudiant est dépourvu de tout document ou de tout autre instrument pouvant lui permettre de commettre l’acte de tricherie.

Car, nous considérons l’examen comme une compétition intellectuelle, honnête où il faudrait que tout le monde parte sur une même base. Et il ne faudrait donc pas que certains prennent de l’avance sur d’autres. En début d’année académique, nous sensibilisons les étudiants sur les conséquences néfastes de la tricherie. Nous leur demandons de se mettre au travail, de cultiver l’effort personnel. C’est en faisant cela qu’ils seront fiers d’eux.

D’ailleurs, notre devise est « la qualification d’abord et le diplôme ensuite ». Si vous arrivez à l’université de Douala, vous avez la banderole à l’entrée qui vous fait comprendre qu’ici, l’objectif est de vous donner d’abord la qualification et le parchemin viendra témoigner de cela.

Lorsqu’un étudiant est pris en flagrant délit, que risque-t-il ?
Les étudiants ont beaucoup développé des astuces de tricherie. Lors de nos dernières évaluations, par exemple, nous avons surpris certains étudiants du niveau supérieur qui essayaient de composer à la place des étudiants du niveau inférieur. Ils ont tous été exclus. Donc, désormais outre le fait que certains peuvent posséder des documents et des instruments lors des évaluations, il va falloir vérifier que chaque étudiant compose en son nom et qu’il mérite son travail. Les étudiants pris en fragrant délit, à l’université de Douala sont directement exclus.

En cas d’exclusion, y a-t-il moyen de faire recours ?
Lorsque qu’un étudiant est exclu pour tricherie, surtout s’il a été pris en flagrant délit, c’est sans possibilité de négociation. Sinon ce serait encourager les autres à faire pareil. Donc que l’étudiant qui vient s’inscrire dans notre université, et qui ne cultive pas le culte de l’effort, en versant dans la tricherie pour réussir, sache que sa place n’est pas ici. Lorsque vous avez déjà été exclu d’une université, pour ce genre de cas, c’est difficile d’être accepté dans une autre. Je conseille ainsi aux étudiants de ne pas verser dans la tricherie.